VIVRE MIEUX ET EN BONNE SANTÉ OU LA JEUNESSE ÉTERNELLE ?

Par Igor et Grichka BOGDANOFF

Essayistes scientifiques

Dans un monde où les connaissances scientifiques progressent toujours plus vite, le rêve actuel pour l’humanité est l’allongement de l’espérance de vie en bonne santé. Si la phrase “Hier vieux à 80 ans, demain jeune à 150 ans” peut paraître utopiste, il s’agit pourtant d’une certitude pour de plus en plus de chercheurs que l’espérance de vie humaine actuelle pourra être largement dépassée.

De nouvelles réponses aux fléaux modernes, cancers et maladies cardiovasculaires, se trouvent dans l’étude des gènes. Certains chercheurs espèrent ainsi éradiquer le cancer d’ici 2030. Au delà de ça, le but serait d’atteindre une très longue vie.

Les exemples d’individus qui trompent le vieillissement se multiplient, telle la jeune américaine Brooke Greenberg, atteinte d’un syndrome qui l’empêchait de vieillir. Elle est décédée à l’âge de 20 ans dans le corps d’une enfant de 1 an. Autre constat intriguant, il existe une île en Sardaigne regroupant plus de 350 centenaires, dont le secret de longévité serait l’alliance de gènes protecteurs à un mode de vie traditionnel et stable, ainsi qu’à une routine assidue qui réduirait le stress. Autant la génétique que le mode de vie influeraient donc sur la longévité.

La recherche sur les gènes a pu mettre en évidence le rôle capital des télomères dans le vieillissement. On sait aujourd’hui que les cellules ne se divisent pas indéfiniment, mais seulement une cinquantaine de fois, et meurent ensuite. Elizabeth Blackburn a reçu le Prix Nobel de Médecine en 1989 pour avoir démontré le lien entre les télomères et la prolongation de la durée de vie des cellules. Situés à l’extrémité des chromosomes, ils se raccourcissent à chaque division cellulaire. Lorsqu’ils disparaissent, il y a mort cellulaire. Le but est donc de préserver la longueur de ces télomères le plus longtemps possible. Des recherches datant de 2010 ont mis en évidence la télomérase, une enzyme agissant sur cette longueur. Il a été prouvé en 2017 que la télomérase avait été en mesure de bloquer la détérioration des télomères chez des souris, et donc leur vieillissement, leur permettant ainsi de vivre deux fois plus longtemps que la normale. De plus, il aurait été possible d’inverser le processus : elles auraient donc rajeuni. Après ces résultats enthousiasmants, il semblerait que l’humain soit le prochain sur la liste.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.