Un bras bionique commandé par la pensée (technologie TMR)

Par Priscille Deborah, Artiste Peintre

À la suite d’un accident, Priscille Deborah, ancienne cadre dynamique, ressort triple amputée (des 2 jambes et du bras droit). Elle entame alors un parcours de résilience et de reconstruction et vit aujourd’hui une vie épanouie d’artiste peintre professionnelle, de mère et de femme engagée dans le domaine du handicap. Première française à bénéficier de la technologie TMR (Targeted Muscle Re-Innervation) pour une prothèse de bras bionique à Nantes, ce choix reflète sa réflexion sur le fait de vieillir avec un handicap et sa volonté d’être autonome le plus longtemps possible.

La technologie TMR est une technique chirurgicale qui consiste à reconnecter certains nerfs intacts qui commandaient certaines parties du bras avant amputation vers des muscles au niveau du bras, des pectoraux ou des dorsaux. Il s’agit de la technologie fonctionnant le mieux pour relier une prothèse au système nerveux. Son avantage par rapport aux prothèses myoélectriques se situe dans le nombre de points moteurs à l’origine des commandes de la prothèse (jusqu’à 6 au lieu de 2). De plus, comme les nerfs réactivés retrouvent leur fonction motrice initiale, le contrôle de la prothèse est intuitif et plus rapide. Cette technologie s’adresse à des patients amputés du membre supérieur (transhuméral ou glénohuméral).

Pour le patient, il s’agit d’une rééducation longue de 2 ans avec différentes étapes : la réinnervation (jusqu’à 3 mois), l’entraînement des signaux (du 3ème au 12ème mois), l’essayage prothétique (du 12ème au 18ème mois) et enfin le suivi. Lors de la réinnervation, le patient ne doit pas trop utiliser son bras afin de préserver les nerfs et s’entraîner pour la suite du protocole avec la thérapie miroir. Ensuite, grâce à une cartographie de réinnervation, on recherche où le signal est le meilleur afin de connaître le positionnement des électrodes pour chaque type de mouvement. Ensuite, vient une phase de renforcement musculaire et de dissociation des signaux avec une prothèse posée sur un socle et reliée à distance à l’emboîture du patient. Puis arrive l’essayage prothétique avec des séries d’exercices qui permettront l’intégration progressive de la prothèse dans la vie quotidienne. 

Bien consciente de son rôle de pionnière en France, Priscille Deborah sait qu’elle apporte de l’espoir à un certain nombre de patients. La médiatisation autour de ce projet a donc été conséquente. Le seul problème persistant est celui du financement au vu des coûts élevés du système prothétique.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.