Ultrasonographie : nouveaux métiers, nouveaux défi

Par Pr Michel DAUZAT Service d’exploration et médecine vasculaire CHU de Nîmes

Un sonographiste est un technicien spécialisé qui réalise des examens ultrasonographiques encadré par des médecins. Historiquement, un médecin faisait son examen et remettait un compte-rendu au patient, mais avec le problème de la démographie médicale et la pénurie de radiologues, nous sommes aujourd’hui confrontés à un manque de professionnels qualifiés pour pratiquer l’échographie. Pour pallier ce problème, une coopération interprofessionnelle est nécessaire pour former des sonographistes.
Aujourd’hui en France, une convention suite à la loi HPST (Hôpital, Patient Santé et Territoire) permet aux manipulateurs radios de faire des échographies. En pratique cela reste très verrouillé. A l’avenir, une entrée de la formation dans le cursus universitaire est attendue avec un master pro par exemple.
Le métier de sonographiste fonctionnerait selon le modèle suivant : le radiologue, accompagné d’un sonographiste, ferait un contrôle en amont avec le patient, puis ce dernier réaliserait l’examen et le médecin ferait un contrôle en aval et le compte-rendu. Les actes interventionnels ou critiques sont
exclus de ce modèle. Le problème majeur réside dans la formation. En effet il est difficile de faire des stages cliniques et cela pose un problème éthique vis-à-vis du patient avec un examen désagréable et chronophage. Il existe 3 alternatives : une formation sur fantôme, qui permet de comprendre la gestuelle et l’écho-anatomie, la formation sur simulateur avec un tronc inanimé simulant des pathologies, et enfin, la formation sur volontaire sain avec une alternance échographiste/patient. Cela permet l’apprentissage in vivo mais aussi d’inverser les rôles et d’avoir un regard plus complet sur l’examen. Ainsi, le rôle de l’ingénieur biomédical va être d’anticiper la formation et la mise en application de ces nouveaux postes. De plus, les échographes réformés devraient être récupérés et utilisés sur les plateformes de simulation.
Cette nouvelle organisation en échographie est pertinente. Elle permet de multiplier les postes d’échographie : toute demande d’examen pourrait être traitée dans la demi-journée et cela réduirait le nombre d’examens en coupe.

Questions
Ne vaut-il pas mieux envoyer les échos réformés à l’humanitaire ? Pour l’humanitaire, il est préférable de disposer d’échographes portables, moins chers et moins sensibles aux intempéries et de garder les échographes réformés pour la formation.
Y-a-t-il une forte demande de la part du secteur privé ? Le secteur privé est plus intéressé que les hôpitaux, les centres privés composent 70-80% de la formation actuelle. A long terme, cela permettra la réduction des délais d’attente pour le patientet de cibler les examens en coupe.

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