Travaux AFIB : retour missions anesthésie réanimation SRLF

Par Manuelle PANCZER, Ingénieur biomédical AP-HP, Ageps

Comme chaque année, les congrès d’anesthésie et réanimation ont eu lieu à Paris. Ces congrès très denses proposent beaucoup d’activités. Ici, seules leurs actualités marquantes seront développées.

Tout d’abord, le sepsis (réponse inflammatoire généralisée) a été largement abordé. Celui-ci est très important puisqu’il est la première cause de mortalité en réanimation. Grâce à la méthode GRADE, 93 recommandations internationales ont été mises à jour par le comité Surviving Sepsis Campaign dans différents domaines comme le diagnostic ou encore l’antibiothérapie. Celles-ci sont en accès libre sur internet.

Le deuxième thème abordé a été le Syndrome de Détresse Respiratoire Aiguë (SDRA). Sa définition a été revue par l’European Society of Intensive Care Medicine (ESICM). Celle-ci a donc amené de nouvelles recommandations et notamment une classification des cas en 3 catégories (légers, modérés et sévères) selon la valeur du rapport PaO2/FiO2. Dans chacune des catégories, il faut ajuster les équilibres gazeux et cardiocirculatoires, et surtout, l’oxygénation des tissus. Cette stratégie de prise en charge est à réévaluer au moins toutes les 24h.

Une étude randomisée multicentrique (EOLIA) a d’ailleurs eu lieu sur la prise en charge du SDRA. Celle-ci avait pour but de comparer 2 méthodes de traitement : la circulation extracorporelle (ECMO) et la ventilation mécanique. Cependant, cette étude n’a pas été à son terme en raison d’un sous-recrutement de patients et d’un crossover trop important du bras ventilation mécanique vers le bras
ECMO. La seule certitude statistique tirée de cette étude est que l’ECMO n’engendre pas de surmortalité. La réalisation d’étude fiable en réanimation est donc difficile. Pour réussir à obtenir des résultats statistiques satisfaisants, il faudrait s’appuyer sur une base de données internationale répertoriant tous les cas. Quand ces données seront suffisamment nombreuses, nous pourrons probablement en tirer des conclusions. Dans ce domaine, l’IA pourrait avoir sa place.

Actuellement, de nombreux travaux de recherche sont en cours pour utiliser l’IA en réanimation. Elle suscite beaucoup d’espoir mais également une certaine réticence. En effet, il demeure encore un grand nombre de difficultés : la qualité des données ou encore leur regroupement (health data hub).

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