THROMBECTOMIE CÉRÉBRALE : QUELLE PLACE DANS LES AVC ?

Par Pr Frédéric RICOLFI

Chef du service de neuroradiologie diagnostique et interventionnelle, CHU Dijon

La thrombectomie cérébrale est une technique médicale ayant pour objectif de retirer de façon mécanique le caillot sanguin d’un vaisseau intracrânien obstrué, afin de traiter l’Accident Vasculaire Cérébral (AVC) ischémique. Cette procédure consiste à insérer un stent par voie artérielle transcutanée endovasculaire, sous anesthésie locale ou générale, et à aspirer le thrombus. Au cours des dernières années, cette procédure a pris une place majeure dans le traitement des AVC. Utilisée dans plus de 80% des désobstructions, elle a permis de réduire le handicap de près d’un patient sur deux. Cependant, elle n’est pas indiquée dans tous les cas. L’éligibilité du patient à cette procédure passe par une étude préalable, basée sur un examen Scanner ou IRM permettant de déterminer, a priori, s’il aura une bonne récupération post-opératoire.

Ainsi, un ensemble de cinq essais randomisés réalisés en 2015 a établi les critères de sélection des patients pouvant bénéficier du traitement : – La collatéralité cérébrale du patient doit être importante pour assurer une perte minime des fonctions cérébrales après récupération, – L’âge n’est pas un facteur déterminant dans la prise de décision. Cependant la récupération a été évaluée comme meilleure sur des personnes d’un âge avancé, – La position et la taille du caillot sont déterminantes dans le choix du traitement car plus le caillot est loin à l’intérieur du cerveau, et/ou long et moins la récupération sera bonne, – Les pathologies associées telles que les micro-saignements, le traitement par anticoagulant ou l’endocardite n’ont aucune répercussion sur la réussite de la procédure.

Dans tous les cas, cette pathologie nécessite une prise en charge rapide des patients. Une adaptation régionale des parcours de soins. permet d’accéder à un des centres de neuroradiologie équipés pour réaliser ce traitement, dans des délais suffisamment courts. À ce jour, seuls les neuroradiologues certifiés (pour une durée de cinq ans) peuvent réaliser ce genre de procédure. Le nombre limité de personnes habilitées à pratiquer une thrombectomie et la quantité croissante d’actes réalisés peuvent nous amener à réfléchir sur la nécessité de former d’autres professionnels à cette technique.

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