Stimulation cérébrale en psychiatrie

Par Jérôme Attal PH, Service Universitaire de Psychiatrie Adulte, Hôpital de la Colombière, Montpellier

Le cerveau est un organe chimique et électrique composé de plus de 100 milliards de neurones. Depuis 10-20 ans on est capable d’agir sur le plan électrique du cerveau. On connaît aujourd’hui plusieurs techniques pour soigner les maladies mentales comme la dépression : la Stimulation Magnétique Trans-crannienne (SMT) ou encore la stimulation profonde (DBS).
L’électroconvulsivothérapie une technique longtemps associée à la torture est en réalité la plus rapide et la plus efficace dans le traitement des pathologies mentales (dépression sévère, catatonie…). Elle n’induit aucune lésion cérébrale tout en étant plus efficace que les antidépresseurs. Les modalités de son administration sont régies par une législation. A travers cette technique, on cherche à déclencher des crises d’épilepsie avec des électrodes placées en bitemporale. Le patient se trouve sous anesthésie générale (obligatoire depuis 1996) et est contrôlé sous monitorage. Le passage d’un courant pendant 2 à 8s provoque une stimulation vagale qui entraîne une crise convulsive de 10 à 20s. On stimule le patient à 2 fois le seuil de réaction. Cette méthode présente de très faibles risques pour le patient, la complication la plus courante est une légère amnésie mais sans pertes cognitives. Innovations futures : des travaux sur le placement des électrodes et sur les caractéristiques du courant sont en cours.
La rTMS (SMT répétitive) est une technique de stimulation non invasive, indolore qui se pratique sur patient éveillé. Celle-ci repose sur la loi de Faraday. Grâce a un courant dans une bobine, qui induit un champ magnétique focalisé, on vient modifier la zone stimulée permettant d’augmenter temporairement les capacités inhérentes à cette zone.
Enfin, la tDCS (stimulation transcraniale à courant direct) permet de stimuler 2 zones en même temps avec un courant direct faible (1-2mA). Il n’y a pas de dépolarisation donc pas de crise d’épilepsie. Cette technique permet d’augmenter la concentration chez le patient.

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