Retours d’expérience sur l’accréditation des laboratoires de biologie

Par Dr Anne POLGE Référente « biologie délocalisée », département de biochimie du pôle laboratoire, CHU Nîmes – Marion TOLEDO Ingénieur biomédical, CHRU Montpellier – Ahmed EL BAHRI Directeur des affaires financières et du système d’information, CHRU Montpellier

L’accréditation en biologie médicale et biologie délocalisée est une démarche devenue obligatoire suite aux différentes directives du code de la santé publique.
La norme NF EN ISO 22870 impose une démarche d’accréditation des analyses de biologie délocalisée. Le CHU de Nîmes a profité du renouvellement de ses automates de Gaz du Sang (GDS) pour lancer les actions afin d’obtenir l’accréditation de tous ses examens de GDS d’ici 2020. La norme oblige une réorganisation sur différents plans : la création d’un groupe d’encadrement des examens, un comité de pilotage mais également des documents de conformité d’installation, des protocoles sur les modalités d’utilisation des dispositifs et des dossiers de vérification des méthodes. Après l’implantation des automates, il a fallu une habilitation et un suivi des opérateurs par un service d’e -learning et des tests. Cette démarche a permis une optimisation de la prise en charge des examens au prix d’un changement des pratiques et d’un investissement économique.
La métrologie obligatoire dans le cadre de l’accréditation des analyses biologiques peut être réalisée en interne ou externe. La solution « interne » est plus économique mais tous les établissements de santé ne sont pas en mesure de dégager du personnel sur ces activités. Celle « externe » doit être maitrisé pour éviter une dérive des dépenses : le périmètre de ce qui doit être contrôlé doit être rationalisé au maximum, les coûts doivent être négociés et l’organisation doit être adaptée.
Une enquête a été menée auprès de 19 CHU afin d’estimer les coûts de l’accréditation des laboratoires de biologie médicale. Au total, le coût est en moyenne de 2,3 millions d’euros par CHU par an. L’enquête montre que les coûts sont liés à la démarche d’accréditation, à l’exploitation du laboratoire après la démarche, aux investissements nécessaires et aux prestations de services associées (équipements, travaux, ressources humaines…). L’importance du coût et le manque d’accompagnement de la part des tutelles engendrent des difficultés à supporter cette démarche.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.