Radiothérapie per-opératoire: une prise en charge ambulatoire innovante

Par Dr Xavier CARCOPINO Gynécologue obstétricien, Hôpital Nord AP -HM -Aurélie MOREL Physicien ICM, Montpellier.

Aujourd’hui le cancer du sein est la première cause de décès par cancer chez les femmes. L’intensification du dépistage de cette maladie entraîne une augmentation d’incidences. En parallèle la morbidité des traitements diminue ce qui entraîne une baisse de la mortalité des patientes.
Face au cancer chaque patiente est unique. Cependant on peut définir un parcours classique du traitement du cancer du sein. Tout d’abord on procède à une chirurgie visant à enlever la tumeur du sein de la patiente, puis elle peut être traitée par chimiothérapie pour éviter l’expansion du cancer. Enfin on effectue systématiquement une radiothérapie visant à prévenir le risque de récidive. La radiothérapie per- opératoire est une nouvelle méthode de traitement qui vise à supprimer cette dernière étape en effectuant le traitement de radiothérapie pendant l’opération, après l’ablation de la tumeur. L’intérêt est toujours d’éviter le risque d’une nouvelle prolifération de cellules cancéreuses mais en irradiant seulement la zone tumorale et non le sein entier. Pour cela on utilise un accélérateur de particules mobile que l’on couple à un applicateur pour déposer une dose de 20 Gy pendant 20 à 50 minutes. Avant chaque traitement le système subit une série de tests pour contrôler sa qualité. Tout ce processus s’effectue alors que la patiente est la seule personne présente dans la salle pour éviter l’irradiation du personnel médical. Les paramètres de traitement sont donc pilotés à partir d’une console à l’extérieur du bloc opératoire.
Cette technique engendre un grand nombre de contraintes organisationnelles, comme la nécessité d’avoir une salle adaptée aux normes de radioprotection ou le rallongement de la durée de l’opération. De plus elle n’exclut pas systématiquement le risque de devoir effectuer une radiothérapie externe supplémentaire. Ce traitement est encore en cours d’évaluation mais a déjà permis de traiter 300 patientes à l’hôpital nord de Marseille. Les bons résultats obtenus permettent d’envisager l’utilisation de cette technique pour le traitement d’autres pathologies.

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