Quoi de neuf en endoscopie ? Aspects techniques et réglementaire

Par Carole VAILLANT Ingénieur biomédical, CHU d’Angers, membre du groupe de travail « endoscopie » du GREPHH (Groupe d’Evaluation des Pratiques en Hygiène Hospitalière)

L’actualité dans le domaine de l’endoscopie amène à une réflexion sur l’évolution des plateaux techniques hospitaliers. Ainsi, nous aborderons les nouveaux aspects techniques et réglementaires communiqués durant l’année 2016. Tout d’abord, un audit national a été mené en 2015 sur la maîtrise du risque infectieux en endoscopie auprès de nombreux établissements de santé. Il a permis de mettre en valeur la gestion organisée du risque infectieux, de l’inventaire, de la maintenance, des contrôles microbiologiques et du traitement des endoscopes. Cependant, les résultats ont également révélé quelques points à améliorer, notamment sur la gestion des traitements des endoscopes la nuit et le week-end, le suivi des prêts interétablissements, l’architecture des locaux, les écouvillons utilisés, etc… L’instruction du 4 juillet 2016 a, quant à elle, entraîné quelques changements, notamment au niveau de la maintenance préventive désormais à minima annuelle pour les duodénoscopes et les écho-endoscopes, mais aussi sur la durée maximale de stockage aux enceintes de stockage d’endoscopes thermosensibles (ESET) prolongée à une semaine. D’autre part, la stérilisation à basse température est maintenant possible pour les multicanaux et est recommandée l’utilisation exclusive d’écouvillons à usage unique.
De plus, la récente norme européenne relative aux ESET informe que ces dernières ne sont plus considérées comme des dispositifs médicaux. Les endoscopes sans canaux peuvent être stockés à l’intérieur. La notion de qualification d’installation et de performance est remplacée par la qualification paramétrique. Parmi les nouveaux procédés de stockage sur le marché, le Surestore de Cantel Medical utilise un procédé de conditionnement actif avec injection de peroxyde d’oxygène et mise sous vide de l’endoscope dans son emballage. Le PlasmaTyphoon d’Hexamedical propose une méthode de séchage rapide par insufflation d’air chauffé. Ces deux techniques permettent de réduire l’encombrement des ESET et le nombre de prélèvements de routine. Concernant l’endoscopie à usage unique, l’innovation majeure est dans le domaine de l’urologie avec l’utilisation de gaine avec canaux opérateurs et de nouveaux cystoscopes/ureterofibroscopes à usage unique, dont le marché tend à se diversifier. En conclusion, ces nouveautés permettent désormais d’avoir une réglementation à jour sur un arsenal de nouveaux dispositifs adaptés à chaque établissement de santé. En revanche, cette récente réglementation sur le traitement des endoscopes place le parc de l’endoscopie digestive sous de plus fortes contraintes.

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