Nouvelles techniques de chirurgie cardiaque mini-invasive

Par Vito Giovanni RUGGIERI, Chef de Service, Service de Chirurgie Thoracique et Cardiovasculaire, CHU de Reims

La chirurgie mini-invasive s’est progressivement développée dans le but de réduire le traumatisme chirurgical et de favoriser la récupération fonctionnelle du patient. Fortement décriée lors de ses débuts, les bénéfices de chirurgie mini-invasive par rapport à la sternotomie sont maintenant établis. Le mini-invasif appliqué à la cardiologie fait cependant face à un retard par rapport à d’autres spécialités où cette technique a supplanté l’approche traditionnelle.

La non-infériorité de la chirurgie cardiaque mini-invasive sur la sternotomie a été montré dans la littérature. Cette alternative réduit le stress chirurgical et la douleur post-opératoire. Les saignements peropératoire sont moindre, diminuant la nécessité de transfusions. Grâce à une taille d’incision réduite, les complications infectieuses sont elles aussi diminuées. De plus, cette technique de chirurgie est particulièrement appréciée des patients jeunes pour lesquels le résultat esthétique est important. Le temps de récupération fonctionnelle étant moindre, la durée du séjour hospitalier se voit donc diminuée et représente des économies financières.

Néanmoins, cette pratique requiert une expertise technique spécifique. L’absence de contrôle manuel du cœur demande au chirurgien de sortir de son confort et change la stratégie adoptée autour du patient : il n’est plus le seul opérateur investi dans l’acte. L’achat d’équipements spécifiques demeure coûteux et est le principal frein au développement de cette technique.

Au CHU de Reims, les procédures cardiaque mini-invasive sont réalisées à l’aide de l’assistance vidéo 3D full HD de la caméra EinsteinVision 2.0, Aesculap. Cette camera HD offre une précision optimale : image à faible bruit, contraste élevé, ultra nette au format 16:9. L’utilisation de la technologie 3D permet de limiter la taille de l’incision tout en bénéficiant d’une bonne vision chirurgicale. L’excellent sens de la profondeur de la caméra permet au chirurgien de s’orienter facilement dans l’oreillette et vient compenser l’absence de contact avec le cœur.

La chirurgie mini-invasive devient la procédure de référence pour les pathologies mitrales et des oreillettes. Les équipes ne s’investissant pas aujourd’hui dans cette direction prennent le risque d’être absentes de tout un pan de la chirurgie cardiaque du futur. La chirurgie cardiaque mini-invasive prépare à la prochaine étape : la chirurgie cardiaque robotique. 

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