Moniteur d’oxymétrie tissulaire cérébrale : quel avenir ?

Docteur Philippe POUARD – Hôpital Necker (APHP) – 2013

On peut surveiller chez un patient différents paramètres vitaux et organes (cœur, reins, poumons…). Mais rien n’est fait pour le cerveau, qui est tout de même l’organe le plus important de notre  organisme. C’est pour cela que depuis une vingtaine d’années, la SPIR (spectroscopie dans le  proche infrarouge) est devenu l’outil indispensable pour réaliser la mesure de l’oxygénation  tissulaire cérébrale chez le patient en chirurgie cardiaque, en réanimation et en neuroscience. C’est une solution, qu’aucun autre appareil de monitoring ne sait faire facilement, elle est non invasive et sans marqueur radioactif. La dé-saturation tissulaire apparaît 52sec avant la  désaturation artérielle en oxygène, cette technique ne permet donc pas seulement de voir mais d’agir. Elle est également utilisée pour suivre le développement cérébral en néonatalité. 

La SPIR est basée sur l’interaction entre un rayonnement lumineux (proche de l’infra-rouge) et des molécules, une partie de cette lumière est absorbée par des chromophores (absorbeur de lumière) qui sont simple Hb ou HbO2 (l’absorption de l’Hb est différente selon son intéraction  avec de l’oxygène).  

Les différentes faiblesses de ce dispositif comme par exemple le faible volume étudié restreint à la zone frontale ou la variation de la structure des tissus qui modifie la mesure ne permettent de l’utiliser que comme un indicateur de tendance. Mais malgré ceci, il reste indispensable en période  pré et post opératoire, mais également lors des cas de réanimations, pour suivre l’efficacité d’un traitement d’un patient avec un faible débit cardiaque, car rien ne peut le remplacer. De plus, le prix d’un tel dispositif a été divisé par 3 ces 10 dernières années. L’évolution de ces appareils doit passer par l’amélioration de la prise en compte de la variabilité tissulaire en perfectionnant la spectroscopie par résolution spatiale. 

Ceci permet de se tourner vers une potentielle association avec les techniques d’imagerie IVUS (images intra vasculaires ultrasonores) pour réaliser des images des plaques coronariennes grâce à un cathéter. En effet, avec ces diverses innovations, le monitoring se rapproche à grand pas de l’imagerie.

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