MÉDECIN DE COMBAT AU BATACLAN

par Dr. Denis SAFRAN Médecin chef de la Brigade de Recherche et d’Intervention (BRI)

La nuit du 13 novembre 2015, un événement tragique a marqué la France. Des terroristes ont investi le Bataclan, nécessitant l’intervention de la Brigade de Recherche et d’Intervention (BRI). Leur objectif ? Neutraliser les terroristes le plus rapidement possible pour éviter qu’il n’y ait plus de victimes. Denis Safran, Médecin chef qui faisait partie de la première colonne d’assaut, nous expose son rôle lors de situations extrêmes comme celle-ci. Le médecin d’une colonne d’intervention doit prendre en charge sans délai tout fonctionnaire de police blessé pendant l’assaut, mais aussi s’occuper des victimes civiles potentielles. Lors des tueries de masse,
le nombre de victimes interdit souvent des soins sur place autres que de survie. Il doit donc assurer la coordination de l’extraction des victimes après un tri sommaire : priorité à celles ayant une chance de survie. Il organise ensuite la prise en charge des victimes avec les sauveteurs situés en zone sécurisée (sapeurs-pompiers, SMUR). Dans ces situations, le médecin est entièrement autonome, il doit s’adapter rapidement et être inventif. Denis Safran a par exemple raconté comment à partir de simples barrières, il a pu organiser toute l’évacuation des victimes, en les utilisant comme des brancards. Ce système ingénieux lui a permis d’extraire efficacement de nombreux blessés.


Lors de ces interventions, le médecin est lourdement équipé : matériel de lutte contre les hémorragies, garrots, mais également matériel d’intubation ou encore de ventilation en plus de son gilet tactique. Tout cela pèse près de 35 kg, obligeant les médecins de combat à s’entraîner régulièrement pour assurer les secours dans ces circonstances particulières.


Suite à ces évènements tragiques, la réponse de l’État aux tueries de masse a radicalement changé. Tout d’abord au niveau sanitaire, avec la modification du plan Nombreuses Victimes (NOVI), mais également avec le Schéma National d’Intervention (SNI) : tout policier ou gendarme armé, en service ou non, témoin d’une scène de ce type, se doit d’intervenir pour mettre fin à la tuerie. La directive indiquait auparavant d’ériger un périmètre de sécurité et d’attendre les forces d’intervention adéquates : RAID, GIGN et BRI. Ces dernières sont désormais formées aux techniques de secours au combat de premier niveau afin de prendre en charge les victimes, parallèlement à l’assaut, comme ce fut le cas au Bataclan.

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