L’INGÉNIERIE CLINIQUE : AIDE À L’UTILISATION ET À L’EXPLOITATION DES DM

Par Alexandre BENOIST, étudiant IBMH, Chalon-sur-Saône – Stéphane KIRCHE, IBMH Chalon-sur-Saône – Thierry BAGNOL, DG IDMED – Yves LE GOUGUEC, DG DRÄGER France – Blandine SCHAAFF, IBMH AP-HP

Le nombre de brevets en technologies médicales n’a cessé d’augmenter ces dernières années. En 2015, un rapport de l’OMS positionne le rôle de l’ingénieur clinique comme un professionnel de santé impliqué dans la formation du personnel soignant à l’utilisation du DM. L’Agence Nationale d’Appui à la Performance et l’AFIB ont édité une cartographie des processus de la fonction biomédicale qui développe des missions de veille technologique et de promotion de l’innovation. Ce qui impose de développer les compétences des soignants et de tisser des partenariats avec les industriels pour atteindre ces objectifs.

Aux États-Unis, le rapport « to err is human » avance que le mésusage serait impliqué dans la survenue de l’erreur médicale responsable de 100 000 décès/an, nous interrogeant sur la place des technologies. En France, la Société Française d’Anesthésie et de Réanimation (SFAR) publie en 2010 une étude qui met en exergue qu’une prédominance de causes d’incidents en anesthésie est liée aux utilisateurs et notamment aux mésusages. La fréquence des erreurs liées aux fournisseurs, quant à elle, reste stable dans le temps. Il est nécessaire de s’interroger sur les environnements de soin, en particulier en anesthésie. Ces équipes sont appelées à utiliser des DM de plus en plus nombreux et complexes sans formation adaptée, source de stress et d’incertitude.

La responsabilité du soignant en cas d’erreur ne peut être engagée s’il n’a bénéficié que d’une présentation orale du DM. La validation de la formation habilite l’utilisateur et permet d’engager sa responsabilité en cas de mésusage. Dans ce contexte, le Référent Matériel (RM) est légitime. Il permet la formation et le maintien des compétences au sein du service. C’est un poste fonctionnel souvent couplé à un autre poste : infirmier ou cadre de santé. Cependant, cette mission n’est pas toujours inscrite sur la fiche de poste.

Le RM joue un rôle de veille technologique et dans la rédaction du cahier des charges. Son expertise est utile lors du choix du fournisseur et des consommables pour anticiper les livraisons et les maintenances préventives dont il peut être coordonnateur. Le RM est l’interlocuteur privilégié des fonctions support telles que le service biomédical. Il agit comme un expert acteur dans la qualité des achats et son adéquation avec les contraintes du service. La SFAR et la SRLF en lien avec l’AFIB proposent des supports de formation ainsi qu’une plateforme de E-learning sur la ventilation et la perfusion.

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