Les nouveaux pacemakers

par Pr. Dominique BABUTY Cardiologue, CHU de Tours


Les années 1950 voient naître les  pacemakers implantables avec, en  1958, la pose du premier dispositif qui  verra son patient décéder quelques… 43  années plus tard !  

Jusqu’à très récemment, les pacemakers (ou  stimulateurs cardiaques) étaient implantés  exclusivement hors du cœur (sous la  clavicule par exemple) car trop volumineux.  Une sonde assurait alors le transport des  impulsions électriques entre le dispositif et  les muscles cardiaques pour induire une  stimulation en l’absence de battement. 

Malgré l’apparition des stimulateurs triple  chambre permettant la resynchronisation  des contractions ventriculaires, plusieurs  complications dues à l’opération survenaient  de manière fréquente, comme des infections  et/ou hématomes, des fractures, des  déplacements de sonde, voire même un  défaut de conception. 

Ce n’est qu’en 2012 que les stimulateurs  sans sonde arrivent sur le marché pour  pallier ces complications. Ils s’apparentent à  de petites capsules de 26 mm sur 7 mm pour  un poids de seulement 2 g. Ils conservent les  avantages des technologies précédentes avec  une autonomie supérieure à 10 ans (en partie  grâce aux seuils de stimulation très bas,  inférieurs au volt) et la présence de capteurs  pour ajuster le rythme cardiaque en fonction  de l’activité du patient. Deux stimulateurs  sont pour le moment disponibles : le  Micra (IRM compatible) de Medtronic et le  Nanostim de Abbott. Aucune chirurgie n’est  nécessaire à leur implantation puisqu’une  simple ponction de la veine fémorale permet  de monter une gaine dans le ventricule droit,  via l’oreillette droite, pour venir déposer le  pacemaker à la pointe du cœur, le tout en  moins de 30 minutes. Le Micra se fixe grâce  à ses 4 ancres en Nitinol (alliage nickel titane) tandis que le Nanostim a recours à  une vis. 

En France, 800 Micra sont posés chaque  année. Une formation spécifique dédiée et  une activité de chirurgie cardiaque (plus de  2 implantations par mois) sont requises.  Dans 99,7% des cas, les implantations  sont un succès puisqu’aucune infection,  déplacement du dispositif ou problème de  fonctionnement n’est à déplorer. Du fait  de son maintien extrêmement robuste,  le stimulateur est en place à vie et donc  difficile à extraire. Cependant, un tel système  coûte cher (7 500€ environ), si bien que les  établissements opérants perdent de l’argent  puisque seulement 3 000€ leur sont reversés  dans le cadre de la tarification à l’activité. 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.