Le traitement chirurgical des douleurs chroniques réfractaires

par le Pr. Philippe RIGOARD Neurochirurgien et PUPH, Co-fondateur du laboratoire de recherche PRISMASTICS CHU de Poitiers

Un tiers des patients ayant subi une  chirurgie du dos sont victimes de  douleurs chroniques. 

Elles sont définies comme des syndromes  persistant au-delà de ce qui est habituel et  entraînent une détérioration progressive des  capacités fonctionnelles et relationnelles du  patient. Le Professeur Rigoard recherche des  solutions non-médicamenteuses pour traiter  ces douleurs chroniques. 

Pour soulager leurs douleurs, les patients  ont aujourd’hui recours à la morphine qui,  certes les soulage, mais provoque des effets  secondaires tels que la perte de mémoire  immédiate. À cause de cette surmédication,  leur qualité de vie s’en trouve réellement  détériorée. Le système nerveux est agressé  et les cibles nerveuses détruites, ce qui  accentue les lésions et les douleurs. 

Il est donc nécessaire de se re-concentrer sur  les centres anti-douleurs pour améliorer la  qualité de vie des patients et ainsi mettre un  terme à la surmédication. L’alternative que  nous propose le Professeur Rigoard est basée  sur la stimulation réversible des cellules pour  inhiber le message douloureux. Elle s’effectue  à l’aide d’électrodes directement implantées  sur la moelle épinière, introduites lors d’une  opération où le patient est réveillé.  

En effet, ses réactions aux stimuli sont  primordiales pour un placement idéal des  électrodes. Les médecins peuvent également  demander au patient de dessiner les zones  de stimulation ressenties grâce à un logiciel  de cartographie. 

Les électrodes actuellement utilisées sont  des électrodes multi-sources, permettant de  pénétrer en profondeur et avec précision la  moelle épinière et pouvant être programmées  selon plusieurs millions de combinaisons  différentes. Les techniques de stimulation  multi-ondes, permettant des stimulations  personnalisées par le patient lui-même sont  attendues par les médecins et les chercheurs.  Cet ajustement de l’onde de stimulation est  une véritable innovation car elle empêchera  l’accoutumance du système nerveux. 

La neurostimulation sera prochainement  au service de la réhabilitation fonctionnelle.  La stimulation des muscles à partir de la  détection d’une intention de mouvement  pourrait permettre aux paraplégiques de  retrouver leur motricité et donc de gagner  en qualité de vie.

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