Le diagnostic et le suivi oncologique par l’imagerie moléculaire

Par Pr Pierre-Olivier KOTZKI Chef de Service Médecine nucléaire, CH Nîmes

L’imagerie moléculaire, plus particulièrement la TEP, joue un rôle clé dans la prise en charge de plus en plus personnalisée des patients, tant en cancérologie que dans les autres domaines de la médecine. Elle permet d’étudier in vivo les mécanismes physiopathologiques à l’échelle cellulaire et moléculaire, à l’aide de radiotraceurs qui sont indispensables pour la formation de l’image. La découverte de nouveaux radiotraceurs est au cœur des développements technologiques et stimule la conception de détecteurs adaptés.
En TEP, si le Fluorodésoxyglucose (FDG) reste le plus utilisé, on constate l’arrivée en routine clinique de nouvelles molécules comme la Fluorocholine (cancer de prostate), la Fluorodopa (tumeurs cérébrales) et le FNa (tumeurs osseuses). Techniquement, il existe un fort besoin en matériel spécifique pour préparer ces nouveaux traceurs. L’apparition de générateurs dédiés (Gallium, Rubidium), d’équipements de transport ainsi que l’arrivée d’injecteurs mobiles et l’automatisation de la dispensation, vont représenter de nouveaux enjeux pour l’ingénieur biomédical.
Concernant la détection en TEP, l’objectif est d’obtenir les meilleures conditions en terme de résolution spatiale et de sensibilité du détecteur. Aujourd’hui, les fournisseurs proposent de nouveaux paramètres de correction tels que :  > le temps de vol, indispensable pour améliorer la localisation, notamment chez les patients corpulents > l’amélioration du recouvrement entre les coupes avec un déplacement continu de la table > la synchronisation respiratoire > l’optimisation des algorithmes de reconstruction tomographique La prochaine révolution dans ce domaine concernera la TEP numérique. Les photomultiplicateurs seront alors remplacés par des photodiodes à avalanche.
Aujourd’hui toutes les caméras TEP sont couplées à un scanner à rayon X. Le remplacement du scanner X par une IRM, TEP-IRM, combine les avantages des 2 types d’imagerie. Cette innovation standardise les protocoles et réduit l’irradiation. Cependant, les défis de ce couplage sont importants et en limitent la diffusion.

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