LA THERMOABLATION TUMORALE PERCUTANÉE

Par Pr Romaric LOFFROY

Chef du service de radiologie interventionnelle, CHU Dijon

De nos jours, il existe trois techniques différentes permettant de mener une thermoablation percutanée : l’utilisation de radiofréquences, la cryothérapie et l’utilisation de micro-ondes.

Pour commencer, la thermoablation par de radiofréquences s’exécute à l’aide d’un courant alternatif, le volume chauffé est alors dépendant de la conductivité de chacun des tissus. Il est donc nécessaire de chauffer progressivement afin d’obtenir les meilleurs résultats possibles. Cette technique permet la manipulation de plusieurs systèmes et aiguilles. Les avantages de cet acte sont le faible coût de sa réalisation, la large gamme d’aiguilles disponibles, la forme arrondie obtenue pour la nécrose ainsi que la possibilité de réaliser une biopsie avant que la zone à traiter soit chauffée.

La cryothérapie consiste en une congélation à une température inférieure à -30°C par décompression brutale d’argon. L’effet recherché dépend alors du nombre d’aiguilles utilisées. Cette pratique a pour avantage de permettre un monitoring continu en imagerie, elle est non douloureuse par rapport aux radiofréquences et présente également un risque diminué de lésion pour les structures voisines. Cependant la nécessité d’utiliser plusieurs aiguilles en fait un acte coûteux et complexe à mettre en oeuvre.

Enfin, la thermoablation par micro-ondes se réalise grâce à un générateur d’ondes électromagnétiques qui vont mettre en mouvement les particules d’eau. La friction va alors engendrer de la chaleur et une nécrose de coagulation. La température s’élève alors de manière très rapide permettant de traiter des volumes plus importants. Les applications actuelles sont uniquement réalisées au niveau des reins, du foie, des poumons si la localisation est secondaire et des os s’il s’agit d’une tumeur bénigne ou d’un traitement à visée antalgique et non curative.

Aujourd’hui, la thermoablation est un acte se réalisant sous anesthésie générale. Cependant, les techniques deviennent de moins en moins invasives, nous amenant vers des anesthésies locales. Le but est d’arriver à traiter le patient en minimisant les complications. Cet acte est actuellement effectué sur des patients pour qui l’ablation chirurgicale est déconseillée.

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