LA E-SANTÉ AU CŒUR DE L’HÔPITAL DU FUTUR

Par Pierre TRAINEAU

Directeur Général du CATEL (Centre de Ressources et de Compétences en e-santé)

Depuis l’invention du téléphone en 1876 à aujourd’hui, les moyens de transmettre de l’information n’ont cessé de se développer. Les capacités ainsi que la complexité des informations transmises ont significativement augmenté, la première télé-chirurgie par fibre optique dans le médical remonte à 2001. Actuellement la e-santé représente deux à trois milliards d’euros.

En 2010, la e-santé est entrée dans les textes de lois et quatre actes ont été désignés : la télé-expertise, la téléconsultation, la télésurveillance médicale et la téléassistance médicale. Ces quatre actes doivent respecter les droits de la personne, l’identification des acteurs de l’acte, la prise en charge de l’acte de télé-médecine par l’assurance maladie obligatoire et l’acte doit être rapporté dans le dossier médical. En 2017, l’Etat est également intervenu dans la e-santé mettant en place un conseil stratégique du numérique et d’ici 2020 huit champs d’actions prioritaires vont être mis en place. La e-santé a la spécificité d’avoir une démarche multidimensionnelle avec des gouvernances multiples, à savoir stratégique, opérationnelle et interrégionale, qui complexifient son organisation.

Plusieurs retours d’expériences de télémédecine sur des pathologies chroniques à domicile ont permis d’émettre des solutions à ces contraintes multidimensionnelles. Tout d’abord, la télé-médecine se déroulait sous visioconférence, ce qui permettait au patient d’avoir un contact permanent avec le soignant. Pour les soins à domicile, ces solutions sont aussi utilisées par les infirmières libérales afin d’avoir l’avis d’une personne soignante spécialisée dans le domaine en question. Cette avancée technologique représente donc des enjeux territoriaux et écologiques. L’un des principaux défis de demain sera d’intégrer les objets connectés dans notre quotidien tout en maîtrisant la sécurité et le transfert de leurs données.

L’hôpital de demain pourrait donc être un animateur de l’écosystème collaboratif des acteurs de santé de son territoire. Il sera également à l’écoute de ses patients de plus en plus « acteur / expert » de leur prise en charge et parcours de soin. Il représentera un gisement de données de santé alimentant des systèmes d’aide à la décision tout en étant en relation avec le monde pour des apports ou besoins d’expertises médicales sans contraintes de décalages horaires.

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