LA CHIRURGIE DE DEMAIN

Pr François RICHARD
Ancien Chef de Service d’Urologie et Chef de Pôle de Chirurgie – Hôpitaux
Universitaires Pitié-Salpêtrière Charles Foix, Paris
Professeur Honoraire – Université Paris VI
Past Président de l’Académie Nationale de Chirurgie
Membre de l’Académie Nationale de Médecine
Coordonateur de l’Optimisation des Blocs de l’AP-HP

Parmi les conditions indispensables à une chirurgie de haute qualité en 2025, trois axes paraissent incontournables : la formation chirurgicale, la réorganisation des structures chirurgicales sur le territoire, et l’évaluation des pratiques et des nouvelles technologies. Des programmes de formation aux pratiques chirurgicales, accompagnant le chirurgien doivent être généralisés dans le cadre d’écoles de chirurgie. Le fonctionnement correct des structures chirurgicales nécessite un plateau technique performant, un recrutement suffisant et une équipe médicale et paramédicale étoffée et formée. Cela impose un maillage territorial nouveau. La notion de plateau technique performant n’implique pas seulement la présence des principales méthodes d’imagerie. Elle demande aussi des blocs interventionnels modulaires mutualisés et adaptés aux évolutions technologiques de la thérapie et du diagnostic. L’évaluation des pratiques et des nouvelles technologies doit être améliorée. Que sera la chirurgie en 2025 ? Si les prérequis précédents ont été traités, la révolution des abords chirurgicaux intitulée « Second French révolution » va s’amplifier. Elle est soutenue par l’informatique, l’endoscopie et l’imagerie, et entraînera une transformation considérable du concept et du fonctionnement du bloc. La chirurgie continuera à se développer en raison de l’augmentation de la population et des découvertes nombreuses qui ouvrent de nouveaux champs d’application. Des progrès sont attendus suite à l’accroissement du nombre des pathologies liées au vieillissement et aux excès de la société de consommation : pathologies dégénératives osseuses, tissulaires, fonctionnelles, cancers, obésité, traumatismes. Quelques solutions : développement des traitements focaux, substituts aux greffes, prothèses
miniaturisées ou à commande musculaire, exo-squelette…
L’hospitalisation des patients sera totalement modifiée, avec un taux de chirurgies ambulatoires atteignant 60 à 70 %. On notera également la mise en place d’hôtels hospitaliers en chirurgie qui représenteront 10 à 20 % des cas. Il faut être innovant, c’est ainsi que le métier et le moral des femmes et des hommes chirurgiens seront sublimés.

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