JAMAIS LA PREMIÈRE FOIS SUR LE PATIENT ! LE DISPOSITIF P4P POUR L’APPRENTISSAGE DES CHIRURGIENS SUR LE MODÈLE CADAVÉRIQUE

par Dr. Cyril BREQUE Responsable du pôle  biomécanique de l’ABS Lab, Faculté de médecine et de  pharmacies Université de Poitiers

Alors que l’immersion en bloc opératoire  des jeunes chirurgiens, auprès d’un  professeur, incarnait jusqu’ici la  méthode d’apprentissage de référence,  les contraintes d’utilisation du bloc  limitent désormais ce fonctionnement. 

En effet, le coût d’utilisation, associé aux  impératifs de rentabilité et d’efficacité, est  un véritable frein à ce mode d’initiation  qui devrait être à l’avenir remplacé par  la simulation. Proche de l’apprentissage  initial, elle met à profit le temps accordé  aux étudiants pour expliquer les gestes  nécessaires à la réalisation d’un acte  chirurgical. 

Plusieurs modèles de simulation d’opérations  existent : sur des animaux, des humanoïdes  en latex, des corps statiques ou encore  sous simulateur numérique. Les études  réalisées ont toutes su démontrer l’utilité  particulière de ces simulations pour la  formation d’internes ou de chirurgiens à des  techniques opératoires. L’apprentissage s’en  trouve accéléré, les compétences consolidées  et la performance améliorée. Toutefois,  l’environnement créé par ces modèles ne  permet pas de reproduire entièrement les  paramètres d’un patient vivant, ventilé,  vascularisé et soumis à de possibles  complications. 

Ainsi est né le dispositif P4P (Pulse for  Practice) ! Développé au sein de l’ABS Lab  (Laboratoire d’Anatomie, Biomécanique et  Simulation) à Poitiers, il s’agit d’une méthode  de simulation pour l’apprentissage des  chirurgiens sur modèle cadavérique humain.  Son intérêt ? Se rapprocher au maximum  du modèle anatomique humain, en re vascularisant et en re-ventilant le cadavre.  Le caractère réaliste est également renforcé  en perfusant le cadavre avec du faux sang,  dont la viscosité et la couleur sont identiques  à celles du sang humain, autorisant même la  coagulation par des générateurs électriques  (monopolaire, bipolaire et ligasure). 

Le degré de réalisme proposé aux  chirurgiens approche ainsi les 95%  et permet de les former à différents  domaines d’application : cardiologie, urologie, ophtalmologie, gynécologie ou  encore chirurgie plastique. Ils se retrouvent  ainsi dans un environnement sécurisé  qui simule le vivant, leur permettant  d’améliorer leurs performances et facilitant  l’acquisition de nouvelles compétences. 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.