INTUBATION DIFFICILE : ÉTAT DE L’ART, AVANCÉES, TECHNIQUES DISPONIBLES

par Pr. Karine NOUETTE-GAULAIN Chef de service anesthésie  et réanimation  Groupe hospitalier Pellegrin,  CHU de Bordeaux

Lors d’une intubation difficile le risque  majeur pour le patient est l’hypoxémie  dans laquelle il pourrait se trouver. Pour  éviter d’en arriver à cette situation,  différentes méthodes de préparation  et de surveillance des constantes du  patient existent, qui sont associées à  des critères d’évaluation des risques. 

La phase de préoxygénation permet de  préparer le patient à endurer une longue  apnée. La technique la plus simple correspond  à une respiration spontanée profonde de  3 minutes, offrant au praticien du temps  supplémentaire pour réaliser le geste en  cas d’intubation difficile. Toutefois, ce délai  reste insuffisant en cas de complication.  Pour y remédier, la ventilation à haut débit  (optiflow) a été développée. Faisant entrer un  volume d’air important dans les poumons  du patient, cette technique permet d’obtenir  une heure supplémentaire avant que le  patient n’entre en hypoxémie. 

L’Oxygen Reserve Index (ORI) est une  technique d’évaluation de la réserve en  oxygène du patient. Elle permet d’anticiper  la désaturation en déclenchant une alarme  30 secondes avant la chute du taux  d’oxygène. Elle alerte ainsi le personnel  soignant avant que le patient ne se trouve  dans un état critique et leur permet de réagir  en conséquence. 

Le laryngoscope et le vidéolaryngoscope  sont les 2 équipements principalement  utilisés pour réaliser une intubation. Si le  patient présente un seul critère de risques  d’intubation difficile, un laryngoscope va  être utilisé. Le vidéolaryngoscope, lui, sera  favorisé dans le cas où au moins 2 critères  de risques sont présents. Il a pour avantage  d’offrir une image aux personnes assistant  le praticien, qui pourront ainsi ajuster leurs  gestes. Cependant, pour être performant  avec cet outil, l’expertise comme l’expérience  des utilisateurs sont nécessaires. 

L’extubation est réalisée une fois l’opération  passée, au réveil du patient. La ré intubation étant source de surmorbidité et  de surmortalité, il est important de tenir  compte des facteurs de risques et d’en  adapter la prise en charge. Le praticien doit  ainsi adopter une stratégie d’extubation  rigoureuse et des mesures préventives en  lien avec les risques appréhendés. 

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