INTÉRÊT DU GATING RESPIRATOIRE EN TOMOGRAPHIE PAR EMISSION DE POSITONS ASSOCIÉ À UN SCANNER (TEP/CT)

Par Dr Renée AHOND-VIONNET

Chef de service de médecine nucléaire, CH Nevers

La Tomographie par Émission de Positons (TEP) a fait ses preuves dans le domaine de l’oncologie depuis plusieurs années, et gagne en intérêt, depuis peu, en infectiologie, en neurologie et en médecine interne. Le TEP Scan permet d’obtenir des images en 5 à 10 minutes, pour un champ de vue de 15 cm. En oncologie cette technique est utilisée dans le but de détecter et de déterminer la nature des lésions cancéreuses, et à des stades plus précoces que l’imagerie anatomique conventionnelle peut le faire.

Cependant, les cycles respiratoires du patient, qui ne peut rester en apnée le temps de l’acquisition, induisent un flou, une perte de résolution ainsi que la présence d’artéfacts de décalage. Dans certaines régions anatomiques, comme la région diaphragmatique, ces artéfacts peuvent même empêcher la détection d’une lésion cancéreuse de petite taille. Une étude a montré que dans plus de 50% des examens réalisés avec TEP/CT, un décalage est présent, lié à la respiration du patient.

Il convient donc de mettre en place des éléments correcteurs de ces artéfacts liés au mouvements respiratoires des patients durant l’examen. Au sein du service de Médecine Nucléaire du CH de Nevers, une technique est mise en place depuis 2008 : l’acquisition 4D-TEP/CT.

Il s’agit d’une acquisition synchrone des signaux respiratoires avec la TEP/CT. Le but est d’améliorer la qualité, la détectabilité et la quantification du signal, tout en diminuant ces artéfacts. Par la suite, ont été mises en place des techniques de correction du mouvement respiratoire, comme l’algorithme OSEP. Ce dernier permet de corriger les décalages liés à la respiration, notamment grâce aux résultats d’études du mouvement respiratoire établies auparavant. Une méthode intéressante d’étude du mouvement respiratoire est par exemple la spirométrie, bien qu’assez désagréable pour le patient.

QUESTION Quelles sont les proportions de patients pouvant être éligibles à une telle technique ?

Cette technique de 4D-TEP/CT n’est pas systématiquement indiquée : on la préférera par exemple en cas de recherche d’un petit nodule pulmonaire basithoracique ou pour l’exploration du dôme hépatique, car c’est une région où il est difficile de distinguer des petites lésions en raison des cycles respiratoires. On essaie ainsi d’optimiser son utilisation.

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