Imagerie interventionnelle ou chirurgie conventionnelle: quelle stratégie ?

Par Boris GUIU Radiologue, CHRU Montpellier – Jacques DOMERGUE Directeur Général de l’Institut de Cancérologie, Montpellier

A l’heure actuelle, nous sommes en pleine évolution de la chirurgie avec une réelle volonté de diminuer la taille des cicatrices, jusqu’à tendre vers une suppression totale de celles-ci. L’imagerie interventionnelle apparaît alors comme une nécessité puisque l’on réduit le champ de vision direct du chirurgien. C’est donc sur l‘imagerie en coupe que l’on constate une réelle progression depuis ces dernières années (IRM interventionnel, coronarographie…). Actuellement, on imagine des interventions qui mêlent robotique et imagerie interventionnelle.
On constate donc que les technologies sont en perpétuelle amélioration mais la tarification des actes représente un frein considérable. En effet, de nombreux médecins voudraient développer leur activité par l’acquisition de nouvelles machines mais la cotation de l’acte pratiquée ne leur permet pas d’être rentable. Il est urgent de trouver un compromis entre évolution et tarification. Si l’on prend l’exemple du scanner : doit-on envisager des salles mixtes, réalisant à la fois des diagnostics et une activité interventionnelle ?
Pour illustrer ces propos, il nous a été présenté la thermo-ablation. Cette technique chirurgicale permet de retirer les tumeurs malignes par chauffage. En effet, on enfile des aiguilles au contact de la tumeur et l’on chauffe par radiofréquences. La taille de la tumeur est le facteur le plus important. On voit donc bien que le besoin en techniques pour imager les tumeurs (scanner, IRM, fluoroscopie…) est indispensable. Pour répondre à cette problématique, on a imaginé la fusion entre un IRM, un échographe et un scanner, avec la possibilité de placer des marqueurs sur une image qui se reportent automatiquement sur les autres. Le chirurgien peut ainsi se guider pendant l’opération suivant la technique de son choix.
Au travers de cet exemple, on constate donc bien que la chirurgie conventionnelle et l’imagerie interventionnelle sont deux disciplines complémentaires et non concurrentes.

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