IA historique et enjeux, de Turing à ROMEO

Par Arnaud RENARD, Directeur du centre de calcul régional ROMEO, Université de Reims Champagne-Ardenne

L’intelligence Artificielle (IA) est considérée comme une technologie novatrice et révolutionnaire. Son utilisation a explosé ces dernières années dans de nombreux domaines d’application tels que l’automobile avec l’avènement des voitures autonomes, le traitement des big data, la reconnaissance d’image et dans le milieu médical de manière générale. D’un point de vue technique, l’IA émerge d’un système informatique capable de résoudre des problèmes physiques complexes : les supercalculateurs.

La science cherche en permanence à valider une théorie par l’expérimentation. La complexification des problèmes physiques et numériques a fait émerger un besoin de pouvoir tester des théories sans réaliser d’expérimentations réelles, qu’elles soient coûteuses ou simplement irréalisables (théories sur les trous noirs, interactions moléculaires). Le besoin de simulation a donc émergé dans le milieu scientifique fondant ainsi le principe des 3 piliers de la science comprenant la théorie, la simulation numérique et l’expérimentation.

Avec les progrès de l’informatique, l’apparition et le gain en performance des cartes graphiques (Graphic Process Unit) intégrées dans les supercalculateurs ont vu leurs champs d’action élargis à de nombreux types de simulation toujours plus complexe. Le supercalculateur ROMEO de l’université de Reims est notamment utilisé dans 22 projets en rapport avec le milieu médical telle que la simulation de l’action des protéines ou des nanoparticules. L’augmentation de la puissance de calcul des machines a rendu possible l’utilisation de réseaux de neurones permettant de résoudre des tâches complexes telles la détection, la classification, la segmentation, la prédiction ou encore la recommandation. Les algorithmes d’intelligence artificielle sont souvent qualifiés de systèmes experts, c’est-à-dire compétents dans un domaine précis.

Cependant, ces dernières années les programmes d’intelligence artificielle ont marqué les esprits par leurs victoires contre l’esprit humain notamment au jeu de go avec le programme DeepMind. Le développement de systèmes toujours plus « intelligents » soulève une question essentielle : Une machine peut-elle penser ?

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