EVOLUTION des technologies en rééducation : assistance robotisée

Par Professeur Isabelle BONAN

Profession : Chef de service

Société : Service de médecine physique et de réadaptation, CHU Rennes
www.chu-rennes.fr

Depuis les années 1990, les technologies de rééducation ont connu un véritable essor, d’une part grâce aux progrès technologiques et d’autre part grâce aux efforts de recherche translationnelle de divers acteurs du secteur médical. Le but de la rééducation est de permettre à un patient, atteint de diverses pathologies telles que la para-, tétraplégie, de récupérer le plus possible de motricité, de sensibilité et d’éviter les complications.

La robotique peut être utilisée à la fois pour suppléer les efforts d’un patient, à domicile, ou de le rééduquer grâce à des exercices intensifs sur une période limitée au sein de l’hôpital. En effet, l’étape primordiale de la rééducation suite à un accident ayant provoqué la déficience d’un membre chez un patient se situe entre 0 et 3 mois, où il est nécessaire d’exciter la capacité de plasticité cérébral de la zone du cerveau touchée, afin d’augmenter les chances d’un rétablissement complet. Cette démarche d’amélioration fonctionnelle s’appuie sur des tâches orientées et répétées, et ce dans un environnement le plus riche possible. Les robots présentent ainsi de multiples avantages car ils permettent de contrôler les paramètres travaillés (commande motrice, coordination, vitesse d’exécution), de répéter les exercices avec la possibilité de les graduer et de standardiser les résultats obtenus, ce qui est avantageux pour la recherche. Les premières applications des robots concernaient exclusivement les membres inférieurs. Ils peuvent soit être utilisés afin d’effectuer la totalité du mouvement, soit accompagner ceux du patient, ou être interactif, s’adaptant ainsi en fonction des données enregistrées. L’une des dernières applications, est le robot Arméo, qui permet la prise en charge du coude et de l’épaule du patient, sans qu’il ait à lutter contre la gravité, et dont les exercices sont réalisables sous forme de jeu.

Cet essor ne connait pas de ralentissement et les perspectives sont multiples (robot de marche dynamique; exosquelette de marche offrant une assistance associée à une rééducation au patient ; Interface Homme/Machine, stimulant des zones particulières du cerveau ; et technologie de réalité virtuelle). Pour conclure, les robots offrent un gain certains dans les processus de rééducation et d’assistance des patients, notamment en accélérant leur récupération, même si leur succès dépend des indications du patient et ne remplace pas le suivi des kinésithérapeutes et médecins.

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