Etat de l’art en échographie

Par Pr Michel DAUZAT Chef de service, exploration et médecine vasculaire, CHU Nîmes – Olivier CHOQUET Réanimateur, DAR, Hôpital Lapeyronie, CHRU Montpellier

L’échographie est de plus en plus présente au sein de toutes les spécialités. Elle progresse rapidement, tant dans sa technologie que dans ses applications cliniques. Par exemple, il est possible de former des images en 3 dimensions (3D) à l’aide de sondes déplacées par un moteur ou repérées dans l’espace grâce à un capteur électromagnétique. Plus récemment, les sondes matricielles ont rendu possible l’échographie 3D en temps réel.
L’échographie n’échappe pas à la tendance actuelle de coupler les images issues de différentes techniques comme l’IRM ou le scanner. Cela permet par exemple d’améliorer la précision du guidage échographique des ponctions, biopsies et injections thérapeutiques. L’analyse automatique en temps réel des images est une voie prometteuse. Grâce aux sondes de très haute fréquence, la microscopie acoustique in-vivo est également en développement, notamment pour l’exploration endovasculaire (dans les artères coronaires, en particulier), l’imagerie de la peau, et, bien sûr, les études expérimentales chez l’animal.
Pour l’imagerie des flux sanguins, le Doppler à large bande passante et le mode B-Flow sont venus compléter le Doppler couleur conventionnel pour améliorer considérablement la résolution spatiale. L’élastographie, qui permet de mesurer l’élasticité des tissus par leur réponse à une onde de cisaillement, est en plein développement pour le dépistage, la caractérisation, et le suivi des tumeurs sous traitement. Dans le domaine de l’urgence, l’échographie, à l’aide d’appareils « ultra-portables », assure les diagnostics essentiels pour la prise en charge des patients en préhospitalier. En anesthésie, réanimation, et soins intensifs, l’échographie prend une importance capitale. Le guidage échographique améliore la précision et la sécurité de la pose des voies veineuses centrales et de l’anesthésie locorégionale.
Enfin, les produits de contraste ultrasonores permettent d’affiner la caractérisation des lésions tumorales, d’évaluer la perfusion tissulaire, et de détecter les fuites extravasculaires (par exemple sur les endoprothèses aortiques). Les ultrasons n’ont donc pas dit leur dernier mot !

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