ELASTOGRAPHIE ULTRASONORE ET ECHOGRAPHIE DE CONTRASTE

Par Pr Sébastien AUBRY et Dr Philippe MANZONI Radiologie Ostéo-Articulaire, CHRU Besançon Radiopédiatrie et Imagerie de la Femme, CHRU Besançon

L’élastographie ultrasonore (US) et l’échographie de contraste sont deux innovations technologiques qui ont révolutionné la prise en charge des patients.

L’élastographie ultrasonore a pour but de déterminer la rigidité d’un tissu, en utilisant des propriétés physiques telles que le Module de Young (défini par le rapport entre contrainte et déformation). L’examen se passe en trois étapes : une excitation – envoi d’ondes de cisaillements et d‘ondes de compression ; une acquisition – recueil des signaux des tissus déformés ; et un post-traitement – analyse des déformations. On distingue plusieurs types d’élastographie US, les qualitatives (comme la quasistatique) et les quantitatives (l’élastographie impulsionnelle par exemple). Cette méthode est indiquée dans le cadre de pathologies hépatiques, dont la fibrose hépatique qui représente la principale application. Elle peut également être utilisée en sénologie pour étudier la rigidité des tissus lors d’une suspicion de cancer : une tumeur bénigne sera par exemple plus « molle » qu’une tumeur maligne. Il existe aussi l’Acoustic Radiation Force Imaging (ARFI), qui est une technique élastographique impulsionnelle ultrasonore focalisée développée par Siemens. Elle permet, entre autres, une estimation de la rigidité des tissus profonds difficilement accessibles. Des perspectives d’application se dessinent pour l’élastographie ultrasonore, comme l’étude de la thyroïde, de la prostate, ou encore des tendons.

L’échographie de contraste associe à l’échographie conventionnelle une injection intra-veineuse (IV) d’un agent de contraste. Cela permet une étude dynamique de la vascularisation organique ou lésionnelle. Sonovue est un médicament à usage diagnostic, composé de microbulles de soufre hexafluorure (SF6), qui traversent le lit capillaire pulmonaire et permet l’opacification des cavités cardiaques, tout en améliorant la définition des reliefs. Le principe est d’appliquer des fréquences de résonance aux microbulles, qui deviennent elles-mêmes réflecteurs actifs d’ultrasons. Si nous appliquons une fréquence de résonance, les microbulles amplifient l’amplitude du signal : nous allons pouvoir, grâce à cette technique, faire varier les paramètres et voir l’impact en temps réel durant l’examen.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.