ÉCHOGRAPHIE PULMONAIRE : PRINCIPE, GÉNÉRALITÉS ET APPLICATIONS EN RÉANIMATION

Par Pr Belaïd BOUHEMAD

Anesthésiste réanimateur, CHU Dijon

Lorsque que l’on compare l’échographie pulmonaire à la radiographie pulmonaire, nous pouvons vite nous rendre compte que les images radiologiques peuvent être trompeuses à cause de la position allongée du patient lorsque l’examen est réalisé au lit. De plus, le transport du patient au scanner – qui reste l’examen idéal pour obtenir une bonne qualité d’image – est parfois compliqué à cause des divers Dispositifs Médicaux (DM) pouvant se trouver sur le patient.

En ce qui concerne l’échographie, il faut savoir que lorsque le poumon est parfaitement aéré, on ne peut voir la ligne pleurale et le glissement pleural qu’avec une apparition d’artefacts dus aux multiples trajets des ultrasons. Ces lignes sont appelées « lignes A » et se trouvent à l’horizontale en parallèle de la ligne pleurale. Lors de la réalisation de cet examen, on ne peut connaître l’état du poumon qu’à l’endroit où l’on a posé la sonde. Il est donc nécessaire d’examiner tout le thorax (au moins 12 segments).

Ensuite, plusieurs pathologies peuvent être mises en évidence à l’aide de l’échographie pulmonaire. Tout d’abord, un syndrome interstitiel pulmonaire causé par un épaississement des septa se manifeste par l’apparition d’artefacts verticaux appelés « lignes B » à la place des « lignes A ». Un syndrome alvéolo-interstitiel, qui résulte d’eau interstitielle ne se trouvant au-delà des septas, se caractérise quant à lui par des « lignes B » fusionnées. Si des points blancs apparaissent sur une échographie pulmonaire d’aspect tissulaire, nous sommes alors en présence d’une consolidation pulmonaire.

L’avantage de l’échographie réside alors dans la possibilité de réaliser une cartographie du poumon sur plusieurs jours afin de suivre l’évolution pas à pas d’une pathologie. De plus, nous savons aujourd’hui qu’une radiographie ne permet de détecter que les cas de pneumothorax complet. Au contraire, avec l’échographie, si une disparition du glissement pleural est observée, le pneumothorax même partiel est alors très fortement suspecté. Mais si des « lignes B » sont présentes, le pneumothorax peut être éliminé.

Finalement, il est important de remarquer que la qualité de l’échographe n’est pas particulièrement importante au vu de la faible épaisseur sur la partie haute du corps.

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