DANS L’ESPACE : PRISE EN CHARGE MÉDICALE DES ASTRONAUTES

par Dr. Brigitte GODARD Médecin chargé de recherche clinique à l’Institut de Médecine et de Physiologie Spatiales (MEDES)

La prise en charge médicale des astronautes est complexe. Elle nécessite une connaissance précise des contraintes que subit le corps humain dans un environnement singulier : l’espace. Brigitte Godard, ancien médecin des astronautes de l’Agence Spatiale Européenne (ESA), nous explique les conséquences physiologiques d’un voyage à 300 km d’altitude !

De nombreux facteurs viennent compliquer la vie dans l’espace. L’absence de gravité entraîne une perte de masse musculaire et osseuse qui provoque un déconditionnement majeu au retour sur Terre, il est donc important de
pratiquer une activité physique quotidienne. Les bruits intrinsèques à la Station Spatiale Internationale (SSI) impactent l’audition. L’exposition aux radiations des particules du cosmos est responsable d’une augmentation des risques de cataractes et de cancers. L’alternance de jour et de nuit toutes les 90 minutes cause un dérèglement biologique. Enfin, le taux de CO2 à bord de la structure est de 4 à 5 fois plus élevé que sur Terre, entraînant maux de tête et d’intenses fatigues. Pour les préparer au mieux à ces conditions, la sélection des astronautes est particulièrement difficile : ils subissent une batterie de tests physiques, psychologiques et d’anglais. En effet, le travail à bord de la SSI est le fruit d’une collaboration internationale entre les agences spatiales européenne (ESA), américaine (NASA), russe (Roscosmos), canadienne (CSA) et japonaise(JAXA), ce qui nécessite une parfaite maîtrise de l’anglais.

Il est primordial de créer un lien fort avec l’astronaute avant son départ afin de recueillir un maximum d’informations sur son état de santé dans l’espace. Le suivi médical est assuré par vidéoconférence lors d’un entretien d’une quinzaine de minutes par semaine. Si des soins sont nécessaires ils peuvent entraîner un rapatriement sur Terre ou être prodigués par l’un des astronautes qualifiés. Certains dispositifs médicaux sont en effet présents dans la SSI, puisque l’on trouve entre autres un échographe, des produits de laboratoire et du matériel chirurgical et dentaire. À cause du manque de place et des limites de poids, ces équipements sont miniaturisés au possible, simples d’utilisation et d’une grande robustesse.


Ainsi, il reste encore beaucoup à faire dans le domaine des dispositifs médicaux transportables, afin d’apporter tout le soutien matériel dont les astronautes ont besoin.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.