DANS LES AIRS : PRÉSENTATION DE L’AVION SANITAIRE

par Dr. Laurent RAYNAUD, Anesthésiste réanimateur, Hôpital d’instruction des Armées BEGIN (Saint-Mandé)

Rapatrier les ressortissants et les militaires français, c’est l’une des
missions confiées à l’Armée de l’Air et au Service de Santé des Armées. La France ne disposant pas d’avion sanitaire dédié, il a été décidé de développer, à partir de 2002, le kit de transport sanitaire MoRPHEE (Module de Réanimation pour Patients à Haute Élongation d’Évacuation) afin de pouvoir rapatrier simultanément plusieurs blessés nécessitant des soins de réanimation.


L’idée est d’utiliser jusqu’à deux des onze Boeing C135 FR (avions ravitailleurs de l’Armée de l’Air) pour en faire, en l’espace de quelques heures, un service de soins intensifs volant en installant à leur bord les kits MoRPHEE. Une équipe de soins est d’astreinte en permanence, 12 personnes la composent : des médecins dont deux anesthésistes réanimateurs, des infirmiers (IADE compris) ainsi que des convoyeurs de l’air. Dans les 24 heures qui suivent l’alerte, le ou les avions sont équipés et prêts à décolleravec le personnel médical à leur bord. Au départ d’Istres, les 12 heures d’autonomie en vol permettent aux avions de couvrir tous les théâtres d’opérations extérieures de l’Armée Française.

Les kits se composent entre autres d’une centrale de surveillance patient, d’un échographe, d’une table de préparation, d’un laboratoire d’analyses biologiques et d’une banque de sang réfrigérée. Deux versions du kit existent. Une première version dite « lourde » pour la prise en charge de 6 patients nécessitant des soins intensifs (comme une assistance respiratoire mécanique) et une seconde, « mixte », composée de 4 modules lourds auxquels s’ajoutent 4 modules légers (chacun pouvant contenir 2 patients). La mise sous oxygène du patient et un monitorage simple suffisent alors. À noter que 6 000 litres d’oxygène sont disponibles par module.


Depuis son déploiement en 2007, le kit MoRPHEE a fait ses preuves par 5 fois, au Kosovo en 2008 puis en Afghanistan les 4 fois suivantes. Sa dernière utilisation remonte à janvier 2012 lorsqu’un soldat afghan avait ouvert le feu sur des militaires français, faisant 5 morts et 12 blessés. Au total, ce sont 56 blessés qui ont pu être évacués grâce à ces modules. L’arrivée des A330 MRTT (Multi Role Transport Tanker) dans les rangs de l’Armée de l’Air destinés à remplacer les C135 FR permettra l’usage de 10 modules MoRPHEE lourds au sein d’un même appareil.

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