Complexité et importance du traitement de l’eau en dialyse

Lors des journées de l’AFIB de 2012, le Pr Christian Combe avait présenté différents accidents majeurs, liés à la qualité de l’eau utilisée pour l’hémodialyse. Il avait pris l’exemple du Brésil où 50 personnes étaient décédées en 1996, suite à l’utilisation d’une eau stockée au fond d’un réservoir. Il avait aussi cité l’exemple du Portugal où un assèchement des réserves d’eau, corrigé par un traitement avec des floculants à base d’aluminium, avait provoqué 18 décès.

La chaîne de traitement de l’eau destinée à l’hémodialyse est complexe et réglementée. L’eau de ville doit être traitée par une succession de processus de microfiltration, d’adsorption, de dé-ionisation et d’osmose inverse. Le traitement doit donc être précis et continu dans les centres de dialyse. Il doit aussi pouvoir s’adapter à l’évolution des types de membranes de dialyse ainsi qu’à celle de l’eau potable de départ.

Depuis 2012, la réglementation de ces traitements a bien évolué. En 2014, la Pharmacopée européenne précisait que la seule technique de production de l’eau PPI (Pour Préparations Injectables) était la distillation. Cette définition évolua en 2017 dès lors, cette eau peut être produite à partir d’une eau destinée à la consommation humaine, soit par distillation, soit par un procédé de purification équivalent à la distillation. Cela peut être une osmose inverse, en simple ou double passage couplée à d’autres techniques, comme l’électrodéionisation, l’ultrafiltration ou la nanofiltration. De plus, il y est précisé que si l’eau obtenue par l’une de ces méthodes n’est pas disponible, alors l’eau potable peut être utilisée pour les dialyses à domicile

La norme ISO 23 500 encadre la préparation et le management de la qualité des fluides d’hémodialyse. Elle a été transposée en norme européenne en 2015 et 2016. On y retrouve des exigences concernant la dialyse et les thérapies apparentées, comme la Qualité des fluides (NF EN ISO 11663), les Concentrés (NF EN ISO 13958), les Équipements de traitement de l’eau (NF EN ISO 26722) et l’Eau (NF EN ISO 13959). Ces normes indiquent notamment qu’il n’est pas nécessaire de réaliser des tests de la croissance bactérienne et des endotoxines si le système est équipé et surveillé conformément aux instructions du fabricant.

Ainsi, ces encadrements permettent d’assurer la pérennité des chaînes de traitement des eaux en dialyse.

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