CHIMIOEMBOLISATION La radiothérapie métabolique internet à l’Yttium 90 : un nouveau traitement pour les cancers primitifs du foie

Par Docteur Yan ROLLAND

Centre Eugène Marquis de Rennes

Du fait de leur augmentation dans les pays industrialisés, les carcinomes hépatocellulaires posent un problème de santé publique. L’échographie est une bonne technique de dépistage, elle reste une méthode soufrant d’un défaut de reproductibilité.

Le scanner est l’examen phare pour faire le bilan initial et le suivi des cancers du foie. Les améliorations technologiques récentes (amélioration de la résolution temporelle) permettent une analyse de la perfusion tumorale et de préciser quels sont les vaisseaux qui alimentent le foie.

Concernant la prise en charge, lorsque les lésions sont de petite taille, la chirurgie est possible, malheureusement, le diagnostic est souvent fait tardivement et l’on a alors recours à des traitements intra-artériels. Ces derniers consistent à introduire un cathéter jusqu’à l’artère du foie pour y injecter de la chimiothérapie et l’on parle de chimioembolisation (ralentissement du flux artériel induit par embolisation transitoire après injection de la chimiothérapie) dont d’efficacité reste limitée.

Développée initalement à Rennes, la radiothérapie mét abolique interne par injection de Lipiocis*, produit huileux marqué à l’Iode 131 (émetteur γ), a démontré son efficacité. La nécessité d’hospitaliser les patients pendant une semaine en chambre plombée a limité la diffusion de la technique. Pour contourner ce problème, des microsphères marquées à l’Yttrium 90 (émetteur β) sont injectées dans l’artère hépatique et vont se concentrer dans les tumeurs hyper vascularisées. Une angiographie initiale est nécessaire pour calculer la dose à injecter et vérifier l’absence de branche extra hépatique. Les patients sont ensuite hospitalisés 24h pour l’angiographie thérapeutique, le traitement permettant une irradiation importante des tumeurs sans irradiation notable du foie avoisinant avec une excellente efficacité.

Les premiers résultats sont très encourageants mais la prise en charge de ces techniques complexes nécessite des équipements de qualité et surtout une bonne collaboration au sein d’une équipe comportant un oncologue, un médecin nucléaire, un radiologue interventionnel, …

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