BLOC du troisième millénaire

Par : Eric STINDEL

Profession : Chirurgien orthopédiste, Professeur en informatique médicale Faculté de Médecine et des Sciences de la Santé, CHRU de Brest.

Après avoir fait un bref rappel historique, visant à montrer l’accélération permanente du progrès médical, Mr STINDEL pose la question de la persistance de la notion de bloc opératoire à la fin du 3ème millénaire, et en prédit leur disparition.

Prédire l’avenir est cependant un exercice difficile et nombres de prédictions ne se réalisent pas. A titre d’exemple ont successivement été annoncé :

– Des robots pour l’équilibrage ligamentaire des prothèses de genou

– Le fluoro-morphing : fusion d’image radio et de modèles statistiques Aucune d’entre elles n’ont connu le succès escompté.

L’évolution se fait aujourd’hui vers l’intégration d’informations multimodales. Le chirurgien est devenu l’utilisateur du réseau numérique. La diffusion des PACS permet l’accès à tout type d’information qu’il s’agisse d’images ou de l’ensemble du dossier patient. Progressivement, les centres de production d’images (Département d’imagerie médicale) et d’utilisation de ces dernières (bloc opératoire) tendent à fusionner. L’un des points clé de la conférence fut l’approche multi-échelles des organes. Les modèles prédictifs devront pouvoir descendre en échelle, de la macro au nano. C’est pourquoi le service d’imagerie risque de disparaitre afin de laisser place à des départements de thérapies guidés par information intégrant l’ensemble de ces dimensions.

Concernant notre profession du biomédical, il va falloir évoluer rapidement. Nous devrons être capables de mélanger l’imagerie, l’informatique, les mathématiques et la robotique afin d’arriver à des représentations multi-échelles et multi-organes du patient. Des problèmes se posent concernant la formation (innovation dans les cursus ce qui est politiquement sensible) et la spécialisation (robotique et imagerie). Il faut que notre société aille vers le tout numérique. L’informatique dynamique et fonctionnelle nous apportera le numérique fonctionnel. Un lien devra être fait entre l’infiniment petit et l’infiniment grand pour avoir la capacité d’intégrer l’information produite.

Les problèmes majeurs seront liés à la complexité du vivant et ses conséquences médicoéconomiques: coût de la technologie et de son utilisation, besoin d’une main d’œuvre très qualifiée dont le coût de la formation sera très élevée.

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