BIOLOGIE : PRISE EN CHARGE RAPIDE DES PATHOLOGIES RESPIRATOIRES AUX URGENCES POUR UNE MEILLEURE ORIENTATION

par Pr. Nicolas LEVEQUE Laboratoire de virologie et  mycobactériologie  CHU de Poitiers

Les infections respiratoires virales, telles  que la grippe, les rhino/entérovirus  ou encore adénovirus, sont de plus en  plus fréquentes et présentes en période  hivernale. 

Souvent bénignes, elles requièrent parfois  une hospitalisation dans le cas de personnes  immunodéprimées, âgées ou ayant une  comorbidité. En cas d’hospitalisation, des  protocoles institutionnels sont prévus dans  chaque centre hospitalier pour limiter la  propagation de l’infection. Toutefois, ces  procédures sont entravées par des obstacles  comme la capacité d’accueil du centre en  chambres individuelles, les techniques de  laboratoire ou bien au niveau du délai de  diagnostic. 

Le CHU de Poitiers a réalisé une étude dans  son service d’urgence pour adultes afin  d’améliorer l’identification et le diagnostic  des patients atteints d’infection respiratoire  qui seront placés en chambre individuelle.  Parmi les solutions disponibles sur le  marché, le Filmarray Respiratory Panel de  Biomérieux a finalement été retenu comme  solution de diagnostic rapide. Ce sont plus  de 500 tests qui ont été réalisés durant  l’hiver 2017/2018 avec ce système. 

À terme, l’étude montre que l’utilisation de  tests rapides aux urgences ne réduit pas le  temps de séjour du patient dans le service.  De plus, il n’y a pas eu de diminution de  prescription d’antibiotiques. Néanmoins,  l’étude apporte un résultat positif sur le  mouvement de chambre du patient en cas  d’hospitalisation. Grâce au test, le nombre  de patients passant d’une chambre double à  une chambre simple a été réduit de manière  significative. Cela impacte directement le  personnel de l’hôpital en réduisant la charge  de travail des « bed managers » dans la  gestion des lits et le nettoyage des chambres. 

L’utilisation de ces techniques dites rapides  peuvent avoir un impact non négligeable sur  la rapidité du diagnostic et la qualité des soins  pour le patient. D’autres panels de diagnostic  comme pour les infections neuroméningées  et entériques sont aujourd’hui disponibles.  Il faut tout de même étudier la balance  bénéfice/risque pour le patient, la charge sur  le personnel de santé ainsi que le coût pour  le centre hospitalier.

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