Biologie délocalisée : alternatives et perspectives

Par Isabelle BÉRARD et Elodie BOISSIER Responsable achat biologie, CHU de Nantes Biologiste laboratoire d’hématologie, CHU de Nantes

De plus en plus demandée par les cliniciens afin d’améliorer la prise en charge des patients, la biologie délocalisée présente des enjeux intéressants, notamment sur les délais de rendu de résultats. L’expérience nantaise permet de voir les moyens mis en œuvre pour organiser la biologie délocalisée ainsi qu’une alternative possible à cette dernière.
Afin de mieux maîtriser et harmoniser les pratiques dans ce domaine, un comité de pilotage (COPIL) dédié à la biologie délocalisée a été mis en place au CHU de Nantes. Composé notamment de cliniciens, d’ingénieurs et de représentants dans les domaines de la biologie concernés, ce COPIL définit la stratégie à adopter autour de la biologie délocalisée et doit en assurer le suivi ainsi que la qualité. Chaque demande de recours à la biologie délocalisée est encadrée et minutieusement étudiée par cette organisation pour assurer la qualité des analyses effectuées.
Délocaliser un appareil de biologie n’est pas toujours possible et les automates actuels ne répondent pas toujours aux besoins des cliniciens. Ainsi, une alternative à la biologie
délocalisée en hémostase est proposée au CHU de Nantes. Afin d’améliorer la prise en charge du patient atteint d’un AVC, l’enjeu majeur réside dans la réduction du temps analytique. Après une étude de littérature, l’alternative proposée consiste à réduire le temps de centrifugation de 15 à 2 minutes mais à une vitesse plus importante. L’étude menée au CHU de Nantes a démontré que les résultats obtenus avec la centrifugation rapide sont identiques à ceux obtenus avec la centrifugation classique. Suite à ces résultats encourageants, et avec la mise en place d’un circuit consacré aux « urgences absolues » avec un coursier dédié, le gain de temps mesuré pour le rendu des résultats est conséquent.
Cette solution alternative satisfait les cliniciens car elle permet d’optimiser la prise en charge du patient. De plus, les perspectives sont nombreuses en termes de technique et de qualité, et tendent à être implantées sur d’autres sites. Désormais, de nouvelles questions se posent : faut-il dédier des automates à ces circuits d’urgences ? L’optimisation d’autres filières, telle que la fibrinolyse, est-elle envisageable ?

Questions
Avez-vous utilisé une centrifugeuse dédiée ? Oui. Pour l’étude, nous avons utilisé une centrifugeuse du laboratoire et avons travaillé avec sa vitesse maximale pour réaliser les tests en centrifugation rapide.
Quel est le nombre de patients qui bénéficie de la réorganisation de ce circuit ? Au total, 250 échantillons sont traités en hémostase, soit 2 à 10 échantillons par jour pour des pathologies cardiaques.
Concernant le coursier, comment pouvez-vous garantir sa disponibilité ? Lors de la réorganisation, les personnes ont été réaffectées dans cette filière.
Les études ont-elles été menées sur un ou plusieurs sites ? Elles ont été menées sur un seul site car il existe peu de variabilité intersites. Ce processus est en cours de mise en place sur un autre site.
La mise en place de la centrifugation rapide est-elle envisagée pour d’autres analyses ? Actuellement, nous n’en avons pas la demande au CHU de Nantes.

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