Apports en gastroentérologie de la manométrie oesophagienne haute résolution 3D

Par Enam Sobkeng-Goufack, Hépato-gastroentérologue, CH Château Thierry, Hôpital Jeanne de Navarre

La manométrie oesophagienne est un examen paraclinique consistant à étudier la motricité de l’oesophage en effectuant des mesures de pression de ce dernier lorsqu’il est au repos et en phase active. Cet examen est défini comme un examen de référence pour l’exploration des troubles moteurs, particulièrement pour les segments de l’oesophage. 

Pendant le déroulement de l’examen, le patient doit être à jeun, et ne pas avoir pris certains médicaments pouvant modifier la motricité oesophagienne. Une anesthésie locale est réalisée avant que la sonde soit introduite par voie transnasale et descendue jusqu’à la cavité gastrique pour assurer un examen complet. La manométrie est un examen prescrit lorsque le patient présente une dysphagie, des douleurs thoraciques, lors d’un bilan pré-opératoire de RGO, de chirurgie bariatrique impédancemétrie. Elle est toujours précédée d’une endoscopie normale de l’oesophage.  

Technique connue avant les années 90 sous l’appellation de manométrie conventionnelle. Elle permet d’obtenir des courbes de variations de pression en différents points de l’oesophage. Cette technique est limitée en résolution spatiale ce qui conduit à une interprétation plutôt subjective.

Pour pallier à ces limitations, un nouveau type de manométrie voit le jour dans les années 90 nommé manométrie haute résolution (MHR) 3D. La résolution spatiale est considérablement améliorée avec cette technique grâce à la proximité des capteurs et l’augmentation du nombre de points de mesure. La réelle innovation vient également de la qualité de la représentation topographique des variations de pression qui propose une analyse plus précise de la motricité, de l’activité et de l’anatomie fonctionnelle des sphincters et des segments du tube digestif. 

Les variations de pression représentent les contractions, les relaxations au niveau des sphincters et du corps de l’oesophage ; les déglutitions, le péristaltisme et la vidange oesophagienne peuvent être observés. Les résultats de l’examen sont représentés sous forme d’une distribution en fonction de 3 dimensions et du temps ; on perçoit grâce à un code couleur les variations de pression par rapport à la position anatomique des capteurs.

La réalisation et l’interprétation de la MHR 3D sont simples, c’est un examen mieux toléré que la manométrie conventionnelle par les patients ; enfin elle apporte un diagnostic meilleur et plus objectif d’impact thérapeutique indéniable.

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